Mardi 18 Juillet 2006
Nom: Kika, Profession: Feignasse
Par KiKa, Mardi 18 Juillet 2006 à 18:34 GMT+2 dans Les Mots de KiKa
C'est bon, j'ai maîtrisé la bête, je peux à nouveau blablater écrire sur mon blog tout neuf et tout joli. Notez au passage que je me webmasterise de plus en plus, ouaip, un jour c'est sûr, je finirai présidente des systèmes web.
"Il n'y a point de passion plus égoïste que celle de la luxure"
, Le Marquis de Sade.
La luxure. Qu'est-ce? Non, je ne vais pas tomber dans un constat philosophique, car exposer la nature transsubstantielle de cette notion pourrait heurter vos âmes sensibles. Bon, ok, la citation, elle sonne bien. C'est pour ça que je l'ai mise. Puis aussi, y'a un minimum de rapport avec l'article (quand même, vous m'avez prise pour qui?).
Selon les époques et les personnes, la luxure change d'aspect, vous en conviendrez. Autant du temps de mon pote Sade, c'était orgies à foison, débauches déboîtantes, vices titillés, j'en passe et des meilleures. Puis on a canalisé le tout pour faire de ce terme la désignation de faits et prérogatives personnelles (si ma définition vous plaît pas, tant pis, c'est moi qui écris. D'ailleurs, c'est mon blog, hein). Ce qui nous mène aujourd'hui à la bourge-attitude où le gosse de 14 ans a déjà choisi la couleur de sa future Porsche, où la nana se fait une virée fringues à 3000 euros la journée, où le mec peut se barrer de son boulot pour rejoindre son île privée, comme ça, d'un coup, parce que papa est directeur de la boîte et que c'est prouvé, même habillé en papier craft, son avenir est déjà tracé depuis sa venue au monde.
A une échelle plus petite, la luxure existe. Elle s'immisce vulgairement dans nos vies, et tenez-vous bien: on ne la remarque même pas. Ma luxure à moi, ce sont des petits riens, des choses qui me font secrètement ressentir de la jouissance satisfaisante, un sourire quasi niais gravé sur ma face, spécialement dans ces moments de je-fais-rien-et-ça-emmerde-personne-parce-que-c'est-les-vacances-les-souris-dansent.
Le luxe, c'est pouvoir se réveiller à 9h00, se dire qu'on est suffisamment reposée pour se lever. Et finalement se rendormir comme une bouse jusqu'à 13h00, ou écouter de la musique comme une loque en mode encéphalogramme tension zéro.
Le luxe, c'est prendre son p'tit dèj' quand les autres en sont à l'apéro, débarquer comme un cheveu sur la soupe trois plombes en retard à ce repas de famille en prétextant une fatigue chronique, que même nous on comprend pas pourquoi ça arrive. Ca doit être cette harrassante année de boulot. Ouaip.
Le luxe, c'est préférer garder des animaux plutôt que des gosses. Pourquoi? Je vous en pose des questions? C'était pour placer le fait que je bosse. Dur. Désormais, lever à 9h00, vélo dès 10h, retour à la maison à 11h15... comment ça c'est pas du boulot?
Le luxe, c'est ne rien planifier. Même pas la bouffe (qui est une chose sacrée pour moi, alors c'est dire).
Le luxe, c'est se répéter depuis UNE semaine que demain, j'irai au code-promis-juré-sinon-je-me-fait-marabouter. Et en être à sa presque troisième semaine d'absentéisme aux tests. Comprenez, il fait chaud, c'est à 8 minutes en vélo.... trop dur pour moi.
Le luxe, c'est trouver des fraises non-stop dans le frigo depuis 2 mois.
Le luxe, c'est se dire que d'ici quelques mois, bibi elle aura un appart' rien qu'à elle, et donc vivra à SON rythme.
Le luxe, c'est pouvoir partir à la mer avec ses amis. Et imaginer que dans 10 jours, on se secouera le palmier sur la plage. Ihaaa!
Vous voyez, des petits détails font que tout de suite, là, je pourrais me prendre pour la pire des nanas feignasses qui ne pense qu'à elle.
Eh bien, je peux vous le dire: JE suis égoïste, JE ne pense qu'à moi.
Mais seulement du 31 juin au 30 août.





