Je Ne Suis Pas Folle. Juste Un Grain Alors...
Certaines habitudes ou manières d'agir ont si bien réussi à se scotcher à votre peau que, parfois, souvent même, elles font partie intégrante de notre quotidien. Non, je ne suis pas reconvertie en docteur de Santé Magazine, n'ayez crainte. Je fais juste un constat: on est tous un peu tarés sur les bords. Oui, oui. Même toi, là, qui pouffe de rire en pensant que je dis cela pour me rassurer et englober plus de deux personnes dans ce qu'on pourrait appeler les névrosés légers. Non, mais parce qu'il faut le dire hein: j'ai des problèmes persistants.
Voyez-vous, je suis incapable de garder mon calme quand je tombe sur un chiffre impair: oui, parce que je compte toujours les choses que je vois. Donc, disais-je, les chiffres impairs me rebutent et me hérissent le poil. Il suffit qu'il y ait treize biscuits, et là je commence à me sentir contrariée. Et donc, forcément, je le mange, le treizième gâteau. Problème récurrent à noter: quand on est plusieurs, difficile d'expliquer que maintenant, c'est bon hein, on touche plus à la boîte, sinon je vais finir obèse à force de rééquilibrer le karma pair des petits gâteaux. Ceci est un exemple parmi d'autres. Parce qu'en plus des biscuits, je compte les bandes des passages piétons, les dalles, les marches, les pinces à linges, les frites, les crêpes, les stylos, les étages, les fenêtres, les oiseaux alignés sur les fils électriques... bref, tout ce qui peut aller par paire.
Autre manie digne d'un autiste, je suis complètement dépendante des lignes et des carreaux: si, par inadvertance, je commence à écrire avec UN carreau de retrait alors que j'avais respecté depuis le début un retrait de DEUX carreaux, vous pouvez être sûrs de voir Kika déchirer sa feuille et tout réécrire. Pareil pour les couleurs et les titres. Je me trompe et rédige en turquoise une sous partie habituellement écrite en noire? Blam, tipexation systématique jusqu'au retour à la normale. Tout ça pour des cours qui restent planqués dans un classeur. J'ai un grain, je vous le dis.
Je suis également une psychopathe en puissance: je décortique ce qui n'est pas décortiquable, et je mélange ce qui n'est pas forcément mélangeable. Le matin, tant qu'il n'y a pas de croissant ou de pain au chocolat, ça va, je me domine. Dans le cas contraire, je passe pour une demeurée. Parce que le croissant, je le dissèque: d'un côté les deux bouts, puis le dessous, le dessus, et enfin l'intérieur. Idem pour le pain au chocolat où je garde les bandes cacaotées pour la fin. J'autopsie également les quiches et les tartes: pâte, rebord et garniture. En fait, pour moi, l'idéal serait d'avoir des tartes non tartifiées. Ouaip. Par contre, donnez-moi du poisson ou de la viande, des pâtes ou du riz, un peu de sauce, et je vous fait une tambouille nickel. Paraît que je suis agaçante quand je fais ça, d'ailleurs.
De plus, je garde toujours le meilleur pour la fin. Ce qui amène irrémédiablement au vol ("t'aimes pas ça? attends je te le mange") ou à la triste réalité du j'ai-plus-faim qui empêche de savourer ce qui avait été mis de côté.
Niveau sociabilité, j'ai une sainte horreur de serrer la main aux gens. Il y en a toujours qui vous offrent une poignée molle, ce qui en dit long sur la conversation que vous allez avoir avec eux, ou d'autres qui ont confondus votre appendice avec un citron: si vous n'entendez pas vos phalanges craquer, c'est que vous avez de la chance. Surtout, ce geste de salutation me donne des frissons, parce que je ne sais pas où la main est allée se fourrer (oh, ça va hein) avant de se frotter contre la mienne. Et ça, les amis, c'est quelquechose qui me donne envie de faire un dépistage systématique, voire de me trimballer avec des serviettes nettoyantes. Donc, je préfère encore passer pour une malpolie. Bah ouais.
La nuit ne me laisse aucun répit: je n'aime pas dormir sur mes oreillers, parce que je ne veux pas les salir. Alors là, je vous acorde la possibilité de faire un grand hu? dubitatif. Parce que personnellement, je ne saurais même pas expliquer ce phénomène. Mais il reste que je me tape des poses assez louche, soit en sandwich entre mes deux oreillers, soit recroquevillée sur moi-même afin de ne pas trop les toucher.
Je crois que je vais m'arrêter là hein.
Je pense affirmer que j'ai un grain, un très gros même.
Mais bon, d'un côté, si je n'en avais pas, vous ne m'aimeriez pas autant (si, si, j'en suis sûre).
Par KiKa, Samedi 3 Mars 2007 à 13:33 GMT+2 dans Les Mots de KiKa (article, RSS)




