Vous Avez Demandé les Urgences, Ne Quittez Pas...

Laissez-moi rire un bon coup: bonne année 2007? Hahahaha....
Année du complot ouais. Non, mais je vous le demande: pourquoi la vie c'est du boudin? Ok, on est jeunes. Ok, on est pas atteints d'une maladie incurable. Alors je plains les vieux qui se trimballent un cancer hein... Je pense qu'il est inutile de s'étaler sur les problèmes d'artichaut et autre réjouissances qui bousillent le cerveau. On va même passer sur l'éternelle crise de bouderie d'avant-reprise du boulot. Parce que sinon, on en a pour deux jours de lamentations éplorées.
Ma vie pourrait être banale, voire complètement plongée dans les flots de la routine fatiguante, dénuée de surprises. Mais par une incroyable chance, je suis dotée d'une étoile qui ne me laisse pas souffler un instant, soit en m'envoyant un Homme qui m'obsède depuis un temps indécemment long, soit en m'imposant encore 4 mois de cours intensément fatiguants, soit en saupoudrant les jours de quelque péripétie savoureuse à déguster sans fin...
Aujourd'hui, présentement, là, j'ai l'honneur de rédiger cette note avec mon bras droit emberlificoté en écharpe, le pouce savamment bandé. Evidemment, de vos yeux grand ouverts et munis de votre voix la plus cristalline, vous vous approchez de votre écran la bouche en coeur, afin de poser la question adéquate: Pourquoi? (et puis ce n'est plus un secret: vous m'aimez. Si, si)
Oui. Pourquoi?
Pourquoi ai-je dû poireauter deux heures à S.O.S Mains ce matin, le ventre vide et à peine réveillée? Pourquoi un bandage sur mon subliminal appendice?
J'aurais bien voulu répondre: c'est parce que mon amour pour les animaux m'a conduite à soigner la patte de ce vieux lion taciturne. Ou encore que cette porte blindée devait se refermer sur ma main et non sur celle de ma petite voisine de 75 ans.
Mea culpa, la vérité est plutôt navrante.
C'est aux alentours des quatre heures du mat' que l'envie m'a émoustillé les sens, dont celui ô combien vicieux de la maniaquerie ponctuelle vis-à-vis de la propreté. C'est donc avec entrain que je me suis attaquée à l'amas de vaisselle qui traînait dans mon évier. Mal m'en a pris ouistiti: quelle ne fût pas ma surprise lorsque mon pouce rencontra la lame d'un couteau à viande aiguisé! Mes amis, je vous le dis: je n'ai jamais autant saigné. Et attention hein, ce n'est pas la petite éraflure de bichette, genre papier à lettre qui frôle l'index... Non, non, non. Plutôt l'ambiance bourrine, que même l'éponge elle a morflé.
Bilan (ouaip, je fais un peu trop de bilans en ce moment): une plaie sympathique de quelques millimètres de profondeur, en biais, avec vue sur mes chairs lacérées. Tout ça dans la nuit profonde. Démunie de pansements, gazes, sparadrap, mercurochrome, j'ai dû improviser avec l'aide de Bambou. Ouééé. Ce qui nous a menées à défoncer le peu de coton qui restait, mais aussi sacrifier une vieille culotte pour bander ma blessure. Bien sûr, j'ai dû également dormir de façon très naturelle, soit le bras pendant à l'extérieur de mon lit, un gros tissu difforme collé sur mon pouce.
Ce matin, mon poul s'est un peu emballé en voyant l'état de la plaie. Direction pharmacie où on me dit qu'il est préferable d'aller à S.O.S Mains à l'Hôpital Civil, c'est plus sûr, et en plus il y a de vrais médecins et chirurgiens trop doués. J'ai de la chance.
Parce que 1/ j'y arrive en cinq minutes, 2/il n'y a pas de blessés graves, 3/c'est mon pouce droit qui est touché et je suis gauchère. Oui, on relativise comme on peut...
Evidemment, après avoir vu défiler des éclopés de la main, je me suis sentie un peu petite joueuse avec mon bobo au pouce. Il est évident que passer après un bonhomme qui s'est râpé le pouce au point d'avoir l'os à l'air libre et l'ongle voué à un arrachage sans concession, ma mini entaille faisait un peu tache. Mais bon, chacun sa merde hein. Après deux heures d'abstraction de ce pitre qui décrivait haut et fort à sa môman ce que les médecins avaient fait subir à son pouce, soit deux longues heures à fixer le sol pour éviter tout évanouissement mal venu, je me retrouve ENFIN devant le docteur. Qui parle dans une barbe inexistante. Et monosyllabique en plus. Je m'attendait à ce qu'il me fasse une poupée-pouce et me donne un biscuit, tout en m'expliquant avec patience que son diplôme, il l'utilise pour les gens qui en ont vraiment besoin, comme cette dame-là qui vient de s'arracher la moitié de la peau de la main (zbêrk, zbêrk, zbêrk). Mais au lieu de ça, je me suis retrouvée allongée, le bras tendu, avec quatre piqûres anesthésiantes autour du pouce et le fameux produit brûnatre pré-opération. Clou du spectacle: 2 points de sutures.
A la question du comment ça vous est arrivé, force est de constater qu'on passe vite fait pour une allumée lorsqu'on raconte le pus sérieusement du monde que la nuit dernière, on a fait la vaisselle à l'aube au lieu de dormir. Haha. Je pense pouvoir confirmer que mon aura a un penchant pour les péripéties relevant du joyeux trublion facétieux. Muf.
Je suis à présent très glamour. Je ressemble à une loque de blouse d'opération avec cette écharpe hors de tout style et tout propos. Et mon pouce a disparu sous une épaisse couche de bandage. D'ailleurs, le pouce, je ne le sens plus depuis tout à l'heure. Ma-gni-fique. Rendez-vous mardi pour vérification et pose d'un pansement moins gros.
Et malgré tout, j'ai réussi à tapoter sur mon clavier. Certes, avec l'effort d'un manchot, mais j'ai tapoté quand même. C'est pas une preuve de dévouement ça, hein? (ou de pure addiction pathologique détrônant la nécessité de travailler, à vous de choisir)
Morale de l'histoire: vive le lave-vaisselle. La cuisine est désormais un no man's land à partir de 21h grand maximum, même si des champignons géants poussent dans l'évier.
Et j'ai mangé des céréales avec une cuillère à soupe. On est jamais trop prudent hein.
3615 MyLife version 2007 enclenché: haha. haha. haha *muf*
Par KiKa, Samedi 6 Janvier 2007 à 15:48 GMT+2 dans Les Mots de KiKa (article, RSS)




