Boudiner avec l'Amour
L'effusion des vacances retombe, tout comme l'enthousiasme septembrien (qui, d'ailleurs, a toujours été au niveau en dessous de zéro... et, oui, ce mot n'existe pas). Le moral se dégonflant tel un ballon de baudruche mal fichu, les questions existentielles se bousculent au portillon de l'antre insondable et souvent incompréhensible qu'est mon cerveau. Il est clair qu'avec une réflexion telle que "Mais à quoi vont bien ressembler les 1ères années?... Aurais-je un nouveau pantalon?... Le beau khâgneux sera-t-il encore là?", on se doute aisément que ce n'est pas de cette manière que le schmilblik de la prépa montera dans mon estime...
On s'en fout. Parce que, étant donné mes chromosomes XX, il est plus que sûr que la futilité de mes questionnements sera passée sous silence. Et pour cause: nous le faisons toutes.
Donc, disais-je, me torturer l'esprit gratuitement par simple réflexe naturel prend sa grande dimension lorsque les 5 lettres suivantes se suivent: l'H.O.M.M.E.
Je dis l'Homme, parce qu'il y en a évidemment qu'un; je ne suis pas encore une Hell en puissance qui fornique à tout va. Ce Mister Big, ayant certes plus de 20 épisodes pour se rendre compte qu'il nous plaît, a tout de même la fâcheuse habitude de se transformer, que dis-je, se muter en une chose amorphe, j'ai nommé: une algue (et encore, je suis gentille).
Grâce à lui, j'ai pu saisir toute la transcendance du mot "poireauter", puisque ça fait, accrochez-vous bien, presque 1O longs mois que l'on a entamé le remake de Tom & Jerry. L'émoustillement du début s'est transformé en désespoir qui en ferait pleurer un morse. Surtout lorsqu'on sait que, pour aider la vie, on m'a doté d'une timidité et d'une cruche-attitude indecrottables....
Mais la vie, cette jolie chose qui préfère être compliquée pour ce genre d'histoire, a également doté les individus XY d'un bon nombre de handicaps qui ne nous arrangent pas la situation.
J'avoue, bombarder l'Homme de sms tous plus enthousiastes les uns que les autres, n'est qu'un détail qui ne pourrait en aucun cas faire tilt dans son cerveau, genre il éveille en nous le radar détecteur de potentialités exploitables de préférence par nous.
J'hésite entre plusieurs solutions à mon cas affolant:
Je sonne chez lui et lui demande d'ouvrir parce que je veux le violer et plus si affinités,
Je chante sous sa fenêtre,
Je le traque jour et nuit et monte un CV complet sur sa vie,
Je téléphone et raccroche quand il répond,
Je téléphone et tente d'articuler une phrase sans begayer et sans m'évanouir,
Je téléphone pour lui dire que c'est un con, sans raison, juste pour me défouler (et parce qu'au fond c'est vrai... je vais pas m'insulter moi-même, non?),
Je lui écris un mail pour m'épancher sur lui et moi, surtout moi qui me triture l'esprit,
Je lui envoie un sms pour l'allumer,
Je lui envoie un sms pour sortir un de ces quatre,
Je l'appelle et j'improvise.
C'est sûr, on va sans doute dire "Rhôôô mais elle nous casse les noisettes avec ce mec!"... Ouaip. Mais alors, expliquez moi COMMENT interpeller un mur après 2 mois de silence radio... Hein? Quoi, "Mais c'est la même chose, patate, c'est pas la fin du monde"? Bah dans mon monde, ça équivaut à une bombe atomique. En plus j'ai même pas de casque DTA.
Parce qu'on imagine aisément que si je ne m'appliquais pas à être aussi nulle, il n'y aurait pas toutes ces minutes de chouinement, il n'y aurait même pas d'article, tiens.
Je suis une plouc. Oui, oui, oui.
Cette note ne sert strictement à rien. Mais vous aurez pu savourer l'étendue de ma pathétique relation avec le sexe opposé qu'on aurait dû éradiquer avant que toutes ces mièvreries à la con ne commencent.
Groumpf
Par KiKa, Dimanche 20 Aout 2006 à 20:25 GMT+2 dans Les Mots de KiKa (article, RSS)




